Top 7 des phares à voir en Loire-Atlantique : des sentinelles entre terre et estuaire
28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Pays de la Loire · Loire-Atlantique
En Loire-Atlantique, les phares ne se contentent pas de guider les navires : ils racontent l’histoire des hommes face à l’océan, des estuaires capricieux et des ports en constante évolution. Certains se dressent sur des pointes sauvages, d’autres s’intègrent au paysage urbain comme des monuments oubliés. Voici sept d’entre eux, choisis pour ce qu’ils révèlent du territoire bien au-delà de leur fonction première.
1. Pointe de Merquel – Mesquer
Ici, pas de tour imposante, mais une lumière discrète qui signale l’entrée des marais salants et des bancs de sable mouvants. La pointe de Merquel est avant tout un lieu de vent et de silence, où le phare se fait complice des oiseaux migrateurs plutôt que des cargos. On vient pour le paysage plus que pour le bâtiment lui-même : une dune qui bascule vers l’océan, avec en toile de fond les traces des anciennes salines. L’endroit est idéal pour comprendre comment la lumière guide aussi les hommes, bien avant les bateaux.
2. Pointe du Castelli – Piriac-sur-Mer
Le phare de la pointe du Castelli est un de ces repères qui semblent avoir toujours été là, comme une évidence géologique. Perché sur une falaise de schiste, il domine une côte où les vagues sculptent les rochers depuis des siècles. Ce qui frappe, c’est son intégration parfaite au sentier des douaniers : on le découvre au détour d’un virage, presque par surprise, alors qu’on s’attendait à une simple balade côtière. Sa lumière, autrefois vitale pour les pêcheurs de sardines, est aujourd’hui un prétexte pour s’arrêter et observer l’horizon, là où la Loire se mêle à l’Atlantique.
3. Phare de Kerlédé – Saint-Nazaire
À 800 mètres des côtes, ce phare de terre a quelque chose d’intrigant : pourquoi construire une tour si loin de l’eau ? La réponse se cache dans l’histoire du chenal de la Loire, où les courants changeants exigeaient un alignement lumineux précis. Aujourd’hui fermé au public, Kerlédé reste un témoin muet de l’ingéniosité des marins du XIXe siècle. Son architecture sobre, presque austère, contraste avec les phares côtiers plus spectaculaires. On l’aperçoit depuis la route, planté dans un paysage de landes, comme un rappel que la navigation a longtemps été une affaire de calculs et de patience.
4. Phare de Paimbœuf
Avec ses 7 mètres de haut, le phare de Paimbœuf pourrait passer pour un simple poteau éclairé. Pourtant, sa petite taille est précisément ce qui le rend attachant : construit en granite de taille, il incarne l’efficacité des Phares et Balises au milieu du XIXe siècle. Son rôle était clair : baliser l’entrée de l’estuaire pour les navires remontant vers Nantes. Aujourd’hui, il trône au milieu des maisons, comme un vestige d’une époque où Paimbœuf était un port fluvial majeur. On l’observe depuis le quai, en imaginant les capitaines qui comptaient sur sa lumière pour éviter les bancs de sable.
5. Phare du Vieux Môle – Saint-Nazaire
Le Vieux Môle est le doyen des phares de la région, et le premier ouvrage portuaire de Saint-Nazaire. En 1835, sa construction marque un tournant : pour la première fois, la ville se dote d’une infrastructure capable de rivaliser avec les ports voisins. Ce qui surprend, c’est à quel point il s’est fondu dans le paysage industriel. Aujourd’hui, on le croise sans y prêter attention, entre les grues et les docks, alors qu’il a été le symbole d’une révolution portuaire. Sa jetée, autrefois stratégique, est désormais un lieu de promenade où les Nazairiens viennent pêcher ou regarder les bateaux entrer et sortir.
6. Phare de l’Aiguillon – Saint-Nazaire
Perché sur la pointe de l’Ève, le phare de l’Aiguillon est un poste d’observation idéal pour comprendre la géographie complexe de l’estuaire. Construit en 1857, il domine une plage de sable fin et des rochers où les vagues viennent se briser avec violence. Ce qui le distingue, c’est sa proximité avec le sentier des Douaniers : on peut l’approcher à pied, en suivant la côte depuis Port Charlotte, et sentir le vent qui forcit à mesure qu’on s’en approche. Sa lumière, autrefois essentielle pour les navires évitant les hauts-fonds, éclaire aujourd’hui des paysages où la nature reprend ses droits.
7. Phare de Villès-Martin – Saint-Nazaire
Le phare de Villès-Martin est le plus emblématique de la région, et pour cause : il incarne à lui seul l’histoire maritime de Saint-Nazaire. Construit en 1862 à la pointe du même nom, il a vu passer les paquebots transatlantiques, les sous-marins allemands pendant la guerre, et aujourd’hui les porte-conteneurs géants. Ce qui le rend unique, c’est son emplacement : à la jonction entre l’estuaire et l’océan, là où les courants sont les plus dangereux. On y accède par un chemin étroit, entre les herbes folles et les blockhaus abandonnés, pour découvrir une vue à 360 degrés sur la baie. C’est ici que l’on comprend vraiment pourquoi les phares ont toujours été bien plus que de simples tours : des repères pour les marins, mais aussi pour les hommes qui vivent face à la mer.