Neuf parcs et jardins où la Sarthe se dévoile autrement
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Pays de la Loire · Sarthe
La Sarthe cultive ses jardins comme autant de récits : ici, un potager où l’on goûte les feuilles, là, des arbres centenaires plantés par un paysagiste parisien, ailleurs, une forge transformée en jardin bleu. Voici neuf lieux où l’histoire du département se lit entre les allées, les douves et les outils anciens.
1. Le Jardin Bleu — Laigné-Saint-Gervais
Ce qui frappe d’abord, c’est l’audace : 2000 m² de fleurs et d’arbustes bleus, imaginés sur le site d’une ancienne forge où l’on fabriquait des roues pour les premières voitures Bollée. Les propriétaires ont gardé les murs de pierre et les poutres apparentes, comme pour rappeler que ce jardin est né d’un lieu de travail. On y trouve des variétés rares, mais surtout une atmosphère où l’industrie d’hier dialogue avec la patience des plantes.
2. La Cabane de Saint-Fiacre et son Jardin d’Éole — Juillé
Ici, le jardin est une double passion. D’un côté, les vivaces et les oiseaux, de l’autre, une collection d’outils de jardiniers du XVIIe au XXe siècle, exposée dans une cabane en bois. Ce n’est pas un musée, mais un lieu vivant où l’on comprend comment les mains des jardiniers ont façonné les paysages. Les allées serpentent entre les massifs, et chaque outil raconte une technique oubliée, comme ces sécateurs en acier trempé ou ces arrosoirs en zinc.
3. Potager du Domaine du Gasseau — Saint-Léonard-des-Bois
Ici, on ne se contente pas de regarder : on touche, on sent, on goûte. Ce potager est conçu pour éveiller les sens, avec des plantes aromatiques à froisser entre les doigts et des légumes anciens à croquer sur place. L’accès est gratuit toute l’année, mais en juillet et août, des visites thématiques plongent les visiteurs dans l’histoire des variétés locales. Un jardin utile, sans chichis, où l’on repart souvent avec une feuille de menthe ou une idée pour son propre carré de terre.
4. Jardin de la Fontaine du Patis — Saint-Corneille
Ce jardin rouvrira en avril 2027, mais il mérite déjà d’être cité pour son histoire discrète. Autour d’une fontaine ancienne, les allées dessinent un espace à taille humaine, où les habitants du village viennent se poser. On y trouve des essences locales, mais aussi des plantes médicinales, comme si le jardin avait gardé la mémoire des herboristes d’autrefois. Un lieu sans prétention, où l’on vient autant pour les fleurs que pour le silence.
5. Jardins du château de Villaines — Louplande
Les douves, sèches au nord et en eau au sud, encadrent des jardins qui jouent avec les perspectives. D’un côté, des espaces d’agrément avec des topiaires et des rosiers, de l’autre, un verger qui sépare le château des bois alentour. Le site est classé, et on le comprend en voyant comment les bâtiments, les douves et la végétation s’emboîtent comme un puzzle. Un jardin où chaque détail semble avoir été pensé pour durer.
6. Jardin des Plantes — Le Mans
Dessiné par Alphand, le même homme qui a créé les Buttes-Chaumont à Paris, ce jardin est un morceau de capitale en Sarthe. Entre 1867 et 1870, il a transformé un terrain vague en un espace où les Mansois viennent flâner, pique-niquer ou admirer les serres. On y trouve des arbres exotiques, des parterres géométriques et une roseraie, mais c’est surtout un lieu où la ville respire. Un jardin public, au sens le plus noble du terme.
7. Jardins de la cathédrale — Le Mans
Longtemps réservés aux événements ponctuels, ces jardins viennent de s’ouvrir au public. Ils entourent la cathédrale Saint-Julien comme une ceinture verte, avec des pelouses, des massifs de fleurs et des arbres taillés en rideau. L’endroit est calme, presque secret, et offre une vue imprenable sur les vitraux. Un lieu où l’on comprend que la cathédrale n’est pas seulement un monument, mais aussi un morceau de nature domestiquée.
8. Parc du Château de Montertreau — Parigné-le-Pôlin
Ce parc, dessiné par Édouard André en 1877, est un catalogue d’arbres remarquables : gingkos, cèdres, séquoias… Un dépliant guide les visiteurs vers les spécimens les plus impressionnants, signalés par des petits panneaux. Le dessin des allées est irrégulier, comme pour imiter la nature, mais chaque courbe a été calculée pour mettre en valeur un arbre ou une perspective. Un parc où l’on vient autant pour les géants végétaux que pour l’art du paysagiste.
9. Jardins du château de Lorrière — Le Lude
Perché au-dessus de la vallée de la Marconne, ce château du XVe siècle est entouré de jardins qui semblent tout droit sortis d’un livre d’heures. On y accède par des allées bordées de buis, et la vue sur la campagne sarthoise est à couper le souffle. Le menhir et le dolmen voisins ajoutent une touche préhistorique à la promenade, tandis que le vieux moulin Pichon rappelle que ce lieu a toujours été un point de vue stratégique. Un jardin où l’histoire se lit en strates, des mégalithes aux douves du château.