La Mayenne sous un autre jour : entre mémoire, climat et créations locales

21 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Pays de la Loire · Mayenne

La Mayenne sous un autre jour : entre mémoire, climat et créations locales

Cette semaine, la Mayenne se révèle sous des angles inattendus, où l’art, l’histoire et la nature s’entremêlent pour offrir des échappées loin des sentiers battus. Le département n’est pas seulement un territoire de bocages et de rivières paisibles : c’est aussi un lieu où l’on interroge le temps, qu’il soit géologique, humain ou artistique. Et si vous cherchiez une raison de sortir des habitudes, c’est peut-être du côté d’Évron qu’il faut commencer.

Renée Malaud et les chemins invisibles du monde paysan

L’exposition de Renée Malaud, proposée dans le cadre du Mois du climat, est bien plus qu’un simple accrochage photographique. En capturant les gestes des paysans mayennais, les plantes sacrées d’Amérique du Sud ou les rituels de guérison, elle tisse un lien entre des univers que tout semble opposer, mais que la terre et ses cycles rapprochent. Ces images, à la fois douces et percutantes, rappellent que le climat n’est pas qu’une affaire de chiffres ou de prévisions : c’est une histoire vivante, écrite par ceux qui la travaillent. À voir gratuitement, cette exposition est l’occasion de prendre le temps de regarder autrement ce qui nous entoure — et ce qui, souvent, nous échappe.

Sous terre, une autre histoire du climat

Si les photos de Malaud nous parlent du présent, les grottes de Thorigné-en-Charnie, elles, nous plongent dans un passé vertigineux. Le 19 septembre, une exploration souterraine propose de découvrir comment les cavités du département ont enregistré, sur des centaines de millions d’années, les bouleversements climatiques de la planète. Observer la faune cavernicole actuelle, adaptée à ces milieux extrêmes, c’est aussi comprendre que la nature a toujours su trouver des réponses — même quand l’homme peine à en faire autant. Une visite qui replace l’urgence écologique dans une perspective bien plus large, et bien plus humble.

Quand la jeunesse s’empare des pinceaux et des murs

À Laval, la Maison Rigolote accueille « La Jeunesse s’expose », une double célébration des Journées Européennes du Patrimoine et des Journées Nationales des Artistes. Le lieu, déjà connu pour son approche décalée de la culture, donne cette fois la parole à cinq jeunes créateurs : Capucine Jamoteau, Fantine et Félix Brault, ou encore Lally Faucheux. Leurs œuvres, qu’elles soient picturales, graphiques ou installatives, reflètent une génération qui bouscule les codes sans renoncer à la technique. Une belle façon de rappeler que le patrimoine, ce n’est pas seulement ce qui est figé dans le marbre : c’est aussi ce qui se construit sous nos yeux, avec audace et fraîcheur.

Sur l’eau, entre histoire et contemplation

La Mayenne, c’est aussi une rivière, et cette semaine, deux croisières invitent à la découvrir autrement. À Laval, le Vallis Guidonis propose une promenade commentée où le capitaine se fait conteur, évoquant la faune, la flore et les légendes qui ont façonné les berges. À Château-Gontier-sur-Mayenne, le Duc des Chauvières II offre une expérience plus intimiste, avec le passage d’une écluse et une durée idéale pour ceux qui veulent prendre le temps. Deux manières de réaliser que la rivière, souvent perçue comme un simple décor, est en réalité un personnage à part entière de l’histoire locale.

Et si on en profitait pour explorer autrement ?

Entre deux événements, la Mayenne regorge de lieux qui méritent le détour. À Cossé-le-Vivien, le Musée Robert Tatin est une œuvre totale, où l’artiste a transformé sa maison natale en un univers onirique, entre sculptures monumentales et architectures fantaisistes. À Sainte-Suzanne, le Moulin à papier, toujours en activité, rappelle que le patrimoine industriel peut être à la fois vivant et poétique. Et pour ceux qui préfèrent les grands espaces, l’Abbaye de Clairmont, fondée au XIIe siècle, offre un havre de paix où l’architecture cistercienne dialogue avec les étangs environnants.

Cette semaine, la Mayenne se révèle comme un territoire où chaque sortie est une invitation à regarder plus loin — que ce soit sous terre, sur l’eau, ou à travers le regard des autres. Et si le coup de cœur devait en être un, ce serait sans doute cette ferme ouverte du GAEC Basse Lardais, à Bourgon. Parce qu’elle rappelle que l’agriculture durable n’est pas une abstraction, mais une réalité concrète, à découvrir en famille ou entre amis, au plus près de ceux qui la font vivre.

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